La 20ᵉ édition du Championnat du Monde Juniors de Pétanque a débuté ce jeudi 23 octobre 2025 dans la ville espagnole d’Isla Cristina, et se poursuivra jusqu’au 26 octobre. Vingt-huit nations y prennent part, soit le même nombre que lors de la précédente édition organisée en 2023 à Bangkok, en Thaïlande.
Cette édition se distingue par l’introduction d’une nouvelle épreuve, le doublette mixte, proposée pour la première fois dans l’histoire du championnat. Chaque nation peut y engager un nombre illimité de paires, dans une démarche visant à promouvoir l’égalité et la participation équilibrée entre les sexes, conformément à la vision de la Fédération Internationale de Pétanque et de Jeu Provençal (FIPJP).
Sur le continent africain, la participation se limite cette année à la Tunisie et à Madagascar, alors que la précédente édition avait connu la présence de trois nations africaines : le Maroc, la Tunisie et l’Île Maurice. Cette présence africaine reste donc faible et limitée, malgré le fait que plus d’une vingtaine de pays du continent sont affiliés à la FIPJP, ce qui illustre les difficultés persistantes auxquelles la pétanque africaine fait face, notamment sur les plans logistique, organisationnel et institutionnel.
L’absence du Maroc à Isla Cristina 2025 n’est pas un simple fait sportif, mais le reflet d’une crise profonde entre la FIPJP et la Fédération Royale Marocaine de Pétanque (FRMP), née d’événements survenus lors du Championnat du Monde Juniors de 2023 à Bangkok.
Selon des rapports officiels émanant de la FIPJP, certains jeunes joueurs marocains se seraient rendus coupables de comportements jugés graves au sein de la résidence universitaire hébergeant les délégations. L’incident avait nécessité l’intervention de la police locale et donné lieu à une enquête officielle. Bien que l’affaire ait été réglée sur place grâce à la médiation des autorités diplomatiques marocaines et des responsables internationaux, elle a laissé une trace durable dans les relations entre les deux institutions.
Depuis lors, le Maroc n’a participé à aucune compétition mondiale, toutes catégories confondues, enregistrant ainsi quatre absences consécutives – une première dans l’histoire d’un pays considéré comme l’une des grandes nations de la pétanque, fort de quatre titres mondiaux. Ce retrait prolongé traduit un blocage institutionnel et diplomatique : la FIPJP ne reconnaît plus le bureau fédéral actuel de la FRMP, dont le mandat est arrivé à échéance sans que des assemblées générales électives n’aient été organisées pour désigner une nouvelle direction légitime.
Deux ans après les faits, le bras de fer entre la FIPJP et la FRMP se poursuit, sans qu’aucune issue ne semble se dessiner à l’horizon. Pendant ce temps, les jeunes boulistes marocains restent à l’écart des compétitions internationales, observant à distance la montée en puissance des générations asiatiques et européennes qui dominent désormais les podiums mondiaux.
Cependant, la victoire historique des jeunes Marocains au Championnat du Monde de Football U20 au Chili en 2025 est venue rappeler au monde le potentiel extraordinaire de la jeunesse marocaine, capable de hisser haut le drapeau national dès qu’elle bénéficie d’un encadrement solide et de conditions favorables. Un signal fort qui confirme que le Maroc ne manque pas de talents, mais plutôt d’une vision claire et d’une gouvernance responsable pour permettre à ces talents d’exprimer pleinement leur génie, notamment dans des disciplines comme la pétanque, longtemps source de fierté nationale.
Ainsi, cette 20ᵉ édition du Championnat du Monde Juniors à Isla Cristina se déroule sans le Maroc, mais elle porte en elle un message fort : le sport évolue, se renouvelle, et invite chaque nation à dépasser ses différends pour retrouver la voie du fair-play, de la réconciliation et de la fraternité sportive.


👌
à bon entendeur