Depuis plusieurs années, la Fédération Royale Marocaine de Pétanque (FRMP) affirme avoir contracté une police d’assurance sportive couvrant ses licenciés. Le document officiel indique que le contrat a pris effet le 04 décembre 2012. Mais qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Les joueurs sont-ils toujours couverts, et de quelle manière ?
Un communiqué signé le 10 janvier 2017 annonçait le lancement d’un appel d’offres pour une nouvelle police d’assurance « Responsabilité Civile Sportive ». L’ouverture des plis était prévue le 11 février 2017. Pourquoi un nouvel appel d’offres si un contrat existait déjà ? Était-ce une simple formalité ou la preuve d’une rupture de continuité ?
Quelques semaines plus tard, le 8 février 2017, un courrier adressé aux présidents de ligues révélait que le contrat en cours avait expiré le 4 février. Entre le 4 et le 13 février 2017, les joueurs n’étaient donc plus assurés. La FRMP elle-même reconnaissait que les ligues devaient assumer toute responsabilité en cas d’incident. Mais alors, pendant ces jours de vide juridique, des compétitions et des entraînements avaient-ils lieu ? Si oui, qui aurait pris en charge un accident ?
Normalement, et d’après les clauses des contrats d’assurance sportifs, les licenciés bénéficient d’une couverture dans leurs clubs lors des entraînements, durant le trajet domicile ↔ club (aller et retour), ainsi que lors de la participation aux compétitions officielles. En théorie donc, la protection devrait être constante tant que l’activité s’inscrit dans le cadre reconnu par la fédération. Mais cette garantie est-elle aujourd’hui effective et documentée ?



Ces zones d’ombre ressurgissent aujourd’hui. Certaines ligues et clubs annoncent le gel de leur participation aux compétitions officielles, faute de preuve actuelle que leurs joueurs soient bien assurés et autres points. Mais dans le même temps, ces mêmes structures continuent d’organiser des entraînements et des concours amicaux. Contradiction ou incohérence ? Si les joueurs ne sont pas couverts, pourquoi les exposer dans un cadre non officiel ? Et si, au contraire, ils le sont, pourquoi refuser les compétitions officielles ?
Ces questions révèlent une crise plus profonde : la confiance entre la fédération et ses structures affiliées semble ébranlée. La pétanque marocaine vit ainsi une situation paradoxale : suspendue sur le plan institutionnel, mais toujours active sur le terrain des clubs. Les licenciés, eux, restent dans le flou. Sont-ils protégés ou non ? Où est la preuve officielle de leur couverture ?
En définitive, au-delà du débat administratif, une interrogation demeure centrale :
la sécurité des joueurs est-elle aujourd’hui garantie, ou bien repose-t-elle sur une simple promesse sans document clair ?
Toutes ces questions attendent des réponses.
