
Le congrès de la Fédération Internationale de Pétanque et de Jeu Provençal (FIPJP) s’est tenu ce jeudi à Douaisis (France), en marge du Championnat du Monde Féminin Triplettes et Tir de Précision 2025. Un rendez-vous électif majeur, marqué par l’élection du Luxembourgeois Gérard Schneider à la présidence de la FIPJP, succédant à Claude Azéma (élu président d’honneur) après plusieurs mandats à la tête de l’instance mondiale.
Mais au-delà du changement de présidence, cette journée restera historique pour le continent africain : l’île Maurice, par la personne de Radhakrishansingh Rajkoomar, a décroché un siège au Comité Exécutif de la FIPJP, consacrant ainsi la présence de l’Afrique au cœur des décisions internationales de la pétanque.

Cette percée est le fruit d’un long travail institutionnel mené par la Confédération Africaine de Sport de Pétanque (CASP), organe continental reconnu par la FIPJP et chargé de coordonner les fédérations africaines. La CASP veille à la bonne gouvernance, à la formation et à la représentation équitable du continent au sein des structures mondiales de la pétanque. Dans le cadre de ces élections, la CASP a soutenu activement la candidature mauricienne en concertation avec les fédérations membres, confirmant sa volonté de consolider une voix africaine unie et crédible. Le choix de Rajkoomar traduit la maturité politique et institutionnelle du continent, décidé à occuper pleinement sa place dans la gouvernance internationale du sport.
Le Maroc a été cité à plusieurs reprises durant le congrès, notamment par le premier vice-président de la CASP Mohamed Lemine Louly, qui a tenu à rappeler la contribution historique du Royaume à la naissance du mouvement pétanquiste international. Il a souligné que le Maroc fut parmi les pays fondateurs de la FIPJP, aux côtés de la France, Belgique, Monaco, Suisse et Tunisie . Ce rappel a suscité de nombreux témoignages de respect et de nostalgie dans la salle, plusieurs délégués exprimant le souhait unanime de voir le Maroc retrouver sa place sur la scène internationale, tant pour son histoire que pour le niveau technique reconnu de ses joueurs. Le vice-président africain a ajouté que le retour du Maroc serait bénéfique pour l’équilibre et le rayonnement du continent, rappelant qu’aucun développement durable du sport pétanque en Afrique ne peut se concevoir sans l’apport du Royaume.
Selon l’Article 40 des statuts de la FIPJP, les membres élus du Comité Exécutif exercent un mandat de quatre ans, avec un renouvellement graduel tous les deux ans. Ce système, inspiré du modèle du Comité International Olympique (CIO), permet d’assurer la continuité institutionnelle et d’éviter les ruptures brusques dans la gouvernance. Les élections du premier cycle, comprenant le Président, le Secrétaire général, le Trésorier et quatre membres, se tiennent dans l’année suivant les Jeux Olympiques d’été. Le deuxième cycle, deux ans plus tard, renouvelle les cinq autres membres restants.
Avec l’élection de Radhakrishansingh Rajkoomar, l’Afrique dispose désormais d’une représentation officielle au sein du Comité Exécutif de la FIPJP. Homme d’expérience et de consensus, Rajkoomar incarne une nouvelle ère pour le continent, marquée par la volonté de peser sur les grandes orientations mondiales : attribution des compétitions internationales, harmonisation des règlements, développement des programmes de formation et promotion du sport pétanque dans les zones émergentes.
Ce siège africain ouvre une nouvelle étape dans l’histoire du sport sur le continent. La CASP, en tant que pilier institutionnel, aura désormais la responsabilité de renforcer la coopération entre les fédérations nationales, d’accélérer la formation des arbitres et entraîneurs, et de consolider la tenue régulière des championnats d’Afrique, véritable tremplin vers les compétitions mondiales.
Cette élection marque à la fois une victoire diplomatique et un retour de mémoire. Le continent africain, emmené par la CASP, démontre sa capacité à se structurer et à parler d’une seule voix. Et le Maroc, rappelé à juste titre parmi les fondateurs de la FIPJP, demeure une référence historique, technique et morale dont le retour sur la scène internationale est désormais souhaité et attendu par la communauté mondiale de la pétanque.
