La Fédération Internationale de Pétanque a officiellement désigné la Fédération Espagnole de Pétanque comme pays organisateur du Championnat du Monde de Pétanque Jeunes 2026, prévu à Santa Susanna, près de Barcelone, du 30 juillet au 2 août 2026.
Cette désignation s’inscrit dans une nouvelle politique internationale visant à instaurer une régularité du calendrier mondial : les années impaires seront consacrées aux Championnats du Monde Féminins ainsi qu’aux épreuves Individuelles, Doublettes et Mixtes, tandis que les années paires accueilleront les Championnats du Monde Jeunes et Seniors masculins.
Le choix de l’Espagne repose sur une expérience solide et reconnue. Depuis la création des Championnats du Monde de pétanque, la fédération espagnole a organisé plus de vingt Championnats du Monde, toutes catégories confondues, s’imposant comme l’un des piliers de l’organisation internationale. Cette constance a permis à l’Espagne de développer des infrastructures adaptées, de former des cadres techniques et arbitraux de haut niveau, et d’asseoir sa crédibilité auprès des instances mondiales.
Organiser un Championnat du Monde dépasse largement le cadre sportif. C’est un levier stratégique majeur : modernisation des installations, professionnalisation de la gouvernance, retombées économiques et touristiques, visibilité médiatique internationale et valorisation durable de la discipline. Chaque édition renforce la position du pays hôte sur l’échiquier mondial de la pétanque.
À la lumière de cet exemple, la situation marocaine appelle une analyse lucide.
La Fédération Royale Marocaine de Pétanque a pourtant marqué l’histoire en organisant trois Championnats du Monde : 1963, 1973 et 1985. Des dates fondatrices qui témoignent du rôle pionnier du Maroc dans la pétanque internationale. Toutefois, depuis près de quarante ans, aucun Championnat du Monde n’a été accueilli sur le sol marocain.
Aujourd’hui, au moment où la FRMP devrait évoluer et se repositionner dans l’organisation des Championnats du Monde — d’autant plus qu’elle en a les moyens humains, sportifs et infrastructurels — la fédération traverse une période de blocage institutionnel préoccupante. Voilà près de deux ans que la FRMP ne dispose plus d’un bureau fédéral élu, situation inédite dans l’histoire de la pétanque marocaine.

Plus préoccupant encore, ce vide institutionnel a donné lieu à une multiplication de recours devant les tribunaux, transformant des différends internes en affaires judiciaires. Un contexte qui fragilise l’image de la pétanque marocaine, freine toute ambition internationale et éloigne inévitablement les grandes compétitions mondiales.
L’exemple espagnol démontre qu’une gouvernance stable, une vision stratégique claire et une capacité organisationnelle assumée sont les clés pour attirer la confiance des instances internationales. À l’inverse, l’instabilité institutionnelle et la judiciarisation des conflits constituent des freins majeurs au développement de la discipline.
Relancer une dynamique marocaine autour de l’organisation des Championnats du Monde ne relève donc pas uniquement d’un choix sportif, mais d’une nécessité institutionnelle. Le Maroc dispose d’un riche héritage bouliste, d’un vivier de talents et d’une passion populaire intacte. Encore faut-il créer les conditions de gouvernance et de stabilité indispensables pour transformer ces atouts en projets concrets.
L’organisation d’un Championnat du Monde serait alors bien plus qu’un événement : ce serait un signal fort de renouveau, de crédibilité retrouvée et de retour du Maroc parmi les acteurs majeurs de la pétanque mondiale.
