La Confédération Africaine de Sport Pétanque (CASP) a publié un nouveau communiqué dans lequel elle revient sur la visite effectuée au Royaume du Maroc par Idrissou Ibrahima, présenté comme président de l’ancienne Confédération Africaine des Sports Boules (CASB). À travers ce texte, la CASP rappelle une réalité institutionnelle importante : l’ancienne CASB ne bénéficie plus de la reconnaissance de la Fédération Internationale de Pétanque et Jeu Provençal (FIPJP) et ne regrouperait plus aucune fédération nationale africaine affiliée à cette dernière.
Au-delà du simple communiqué, cette prise de position soulève une question essentielle : pourquoi d’anciens dirigeants, aujourd’hui suspendus ou écartés des instances reconnues, continuent-ils à intervenir dans les affaires de la pétanque marocaine et africaine ?
Selon la CASP, l’histoire de cette crise remonte à 2014, période durant laquelle plusieurs fédérations africaines avaient choisi de soutenir le Royaume du Maroc face à une gouvernance contestée de l’ancienne structure continentale. Ce choix avait conduit à la constitution du Groupe de Rabat, malgré de lourdes conséquences pour plusieurs fédérations et responsables africains. Avec le temps, ce mouvement s’est renforcé jusqu’à rassembler, selon le communiqué, les fédérations africaines affiliées à la FIPJP.
Aujourd’hui, la situation institutionnelle semble clairement établie du point de vue de la CASP : la pétanque africaine est représentée par une confédération reconnue, la CASP, et le Royaume du Maroc en assure la présidence. Cette responsabilité continentale donne au Maroc une place centrale dans la structuration, la défense et le développement de la pétanque africaine.
C’est dans ce contexte que la visite d’Idrissou Ibrahima au Maroc prend une dimension particulière. La CASP estime regrettable qu’un responsable ne bénéficiant plus, selon elle, du soutien d’aucune fédération nationale africaine, trouve encore des relais auprès de certains ex-dirigeants marocains suspendus par la Fédération internationale. Pour la confédération africaine, cette situation pose une question de cohérence sportive et institutionnelle : comment peut-on prétendre défendre la pétanque marocaine tout en s’alignant sur ceux qui ont longtemps combattu ses choix et son rôle continental ?
Le communiqué insiste également sur la fierté de l’Afrique de la pétanque envers le Royaume du Maroc, saluant son engagement constant au service de la discipline, son attachement à la bonne gouvernance, ainsi que son soutien aux fédérations africaines dans leur combat pour la démocratie sportive, la transparence et le respect des règles.
À travers cette déclaration, la CASP adresse donc un message clair : l’avenir de la pétanque africaine appartient aux fédérations nationales souveraines, réunies librement au sein de leur confédération continentale reconnue. Les initiatives individuelles, les nostalgies du passé ou les tentatives de réécriture de l’histoire ne peuvent remettre en cause la volonté exprimée par les fédérations africaines.
Pour le Maroc, ce communiqué constitue aussi un rappel important. Être à la tête de la CASP n’est pas seulement un honneur, c’est une responsabilité. Cela suppose de défendre l’unité africaine, de protéger la légitimité des institutions reconnues, et de rester vigilant face aux manœuvres susceptibles de fragiliser la pétanque marocaine et africaine.
La question reste donc posée : ceux qui continuent à faire obstacle au Maroc agissent-ils réellement pour l’intérêt de la pétanque, ou cherchent-ils simplement à préserver une influence perdue ?
Dans une période où la pétanque africaine a besoin d’unité, de stabilité et de projets solides, le message de la CASP se veut sans ambiguïté : la page de l’ancienne gouvernance est tournée, et l’avenir doit désormais se construire autour des fédérations reconnues, dans le respect des règles internationales et de la souveraineté des instances africaines.
