Structuration de la pétanque africaine : la FIPJP maintient sa position en faveur de la CASP et saisit le Tribunal fédéral suisse

La Fédération Internationale de Pétanque et Jeu Provençal a adressé un communiqué officiel à l’ensemble de ses fédérations nationales membres, au nombre de 108, concernant la situation institutionnelle de la pétanque africaine, marquée par le différend entre la Confédération Africaine des Sports Boules et la Confédération Africaine de Sport Pétanque.

Ce communiqué apporte des précisions importantes sur la décision prise par le Comité exécutif de la FIPJP le 23 février 2025, sur la sentence rendue par le Tribunal Arbitral du Sport, ainsi que sur le recours engagé devant le Tribunal fédéral suisse.

Une décision de la FIPJP en faveur de la CASP

Dans son communiqué, la FIPJP rappelle que son Comité exécutif avait décidé, le 23 février 2025, de retirer la délégation accordée à la Confédération Africaine des Sports Boules, plus connue sous le sigle CASB.

Dans le même temps, la Fédération Internationale avait reconnu la Confédération Africaine de Sport Pétanque, la CASP, comme seule confédération continentale légitime pour représenter la pétanque en Afrique.

Cette décision, selon la FIPJP, reposait notamment sur la volonté exprimée par une très large majorité de fédérations nationales africaines, sur la création de la CASP lors d’une assemblée constitutive démocratique organisée à Dakar, ainsi que sur l’adoption de statuts modernes et conformes aux standards internationaux.

La FIPJP évoque également des dysfonctionnements persistants au sein de la CASB, citant notamment l’absence de statuts, l’absence de gouvernance structurée et le manque de transparence.

La CASB avait saisi le Tribunal Arbitral du Sport

Contestant cette décision, la CASB a porté l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport. Dans son recours, elle a soutenu qu’elle disposait d’un droit acquis à la délégation continentale et que la FIPJP aurait violé ses droits procéduraux.

Le TAS a ensuite rendu une sentence en 2025, dans l’affaire TAS 2025/A/11445, annulant la décision du Comité exécutif de la FIPJP.

Cependant, la Fédération Internationale indique ne pas partager l’interprétation retenue par le TAS. Selon elle, cette sentence conférerait à la CASB un statut juridique qu’elle n’aurait jamais eu, imposerait à la FIPJP des obligations statutaires inexistantes et ne tiendrait pas suffisamment compte de la volonté des fédérations nationales africaines ayant participé à la création de la CASP.

Un recours devant le Tribunal fédéral suisse

La FIPJP annonce avoir formé un recours en annulation devant le Tribunal fédéral suisse, juridiction compétente pour contrôler les sentences arbitrales rendues par le TAS.

À travers ce recours, la Fédération Internationale souhaite faire valoir plusieurs principes : le respect de ses statuts, l’autonomie associative garantie par le droit suisse, la souveraineté des fédérations nationales africaines et la nécessité d’assurer la stabilité institutionnelle du mouvement sportif.

La FIPJP insiste également sur le fait que les confédérations continentales ne sont pas membres de la Fédération Internationale et ne disposeraient donc pas, selon elle, d’un droit acquis automatique à une délégation continentale.

La souveraineté des fédérations africaines au cœur du débat

Au-delà de l’aspect juridique, ce dossier soulève une question majeure pour l’avenir de la pétanque africaine : celle de la représentation réelle des fédérations nationales du continent.

La création de la CASP est présentée par la FIPJP comme l’expression d’une volonté souveraine des fédérations africaines de disposer d’une organisation continentale dédiée spécifiquement à la pétanque, avec une gouvernance moderne, claire et conforme aux exigences du sport international.

Dans son communiqué, la FIPJP affirme rester convaincue que la reconnaissance de la CASP est conforme à ses statuts, aux principes du Comité International Olympique, à la jurisprudence sportive, et surtout à la volonté des fédérations nationales africaines.

Une étape importante pour l’avenir de la pétanque en Afrique

La FIPJP réaffirme enfin son engagement en faveur de la bonne gouvernance, de la stabilité institutionnelle, du respect des fédérations nationales et de la promotion de la pétanque et du jeu provençal à l’échelle mondiale.

Elle indique qu’elle tiendra ses fédérations membres informées de l’évolution de la procédure devant le Tribunal fédéral suisse.

Ce dossier reste donc ouvert, mais il constitue déjà une étape importante dans la structuration institutionnelle de la pétanque africaine. Pour les acteurs du continent, l’enjeu dépasse le simple cadre administratif : il concerne l’unité, la crédibilité et l’avenir du développement de la pétanque en Afrique.

Boulistemaroc suivra avec attention l’évolution de cette procédure et ses conséquences sur l’organisation continentale de notre sport.

communiqué officiel

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